Fiche métier n°3 : le pharmacien hospitalier

Publié le 30 Mai 2012

Fiche Métier n° 3 : Le pharmacien hospitalier

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Qu'est-ce qu'il fait de ses journées ?

Le pharmacien hospitalier peut être spécialisé ou polyvalent. Dans les petits CH, il lui sera demandé d’être très polyvalent. Il doit être capable de

·         gérer les achats, le stockage et la dispensation des médicaments, dispositifs médicaux…,

·         valider les prescriptions informatisées ou non,

·         superviser et contrôler la fabrication des poches de chimio, de nutrition parentérale, des préparations hospitalières, en s'assurant que tout est fait dans le respect des bonnes pratiques de fabrication

·         assurer le service de rétrocession (médicaments réservés à l’hôpital qui sont vendus à des patients extérieurs à l’hôpital),

·         répondre aux questions des services de soins, assurer le service de garde pharmaceutique

·         gérer les essais cliniques qui sont menés dans l’hôpital (médicaments expérimentaux sont détenus par la pharmacie de l’hôpital et dispensées de façon nominative).

·         Gérer la stérilisation des dispositifs médicaux (instruments de chirurgie ++ et textiles réutilisables)

·         participer au bon usage du médicament dans l’hôpital : ce champ est très vaste, il peut s’agir de monter des séances d’éducation thérapeutique avec des patients, effectuer les visites avec les médecins dans les services, mettre en place des protocoles de qualité pour réduire le risque d’accident iatrogène… de manière générale : participer à la démarche qualité de son établissement (faire des audits, rédiger des procédures, des protocoles, etc).

Dans un CHU ou même un CHD, le pharmacien est spécialisé. Par exemple, s’occuper uniquement de la gestion de la stérilisation centrale, ce qui comporte un aspect de management d’équipe, d’assurance qualité, de relation avec les fournisseurs…

A noter : la pharmacie clinique est actuellement LA voie d’espoir pour la pharmacie hospitalière. Pour ceux qui sont intéressés, l’idéal est d’aller se former au Canada, qui est pionnier en la matière. Il faudra alors monter un dossier pour partir (s'y prendre au moins 18 mois à l'avance).

 Le CHU de Grenoble propose aussi une formation dans ce sens, mais son avenir est incertain en raisons des contraintes économiques (payer un pharmacien dans un service de soins, ça peut sembler superflu ! on manque d’études pour prouver que les pharmaciens ont un rôle déterminant dans le contrôles des dépenses de santé à l’hôpital).

N’oublions pas que certains pharmaciens hospitaliers sont « bivalents ». C’est-à-dire qu’ils occupent un poste universitaire (assistant ou maitre de conférences ou professeur) en plus de leurs fonctions hospitalières. Pour cela, ils doivent avoir effectué un certain nombre de publications scientifiques, et posséder un master 2 recherche, au minimum.

Comment devenir pharmacien hospitalier ?

Bien sûr il faut passer le concours de l’internat (à partir de la 5eme année). Il est préférable d’avoir effectué dans son cursus pré-internat un master 1 recherche (toutes les facs en proposent), ce qui permet de faire son M2 pendant l’internat « tranquillement ».

Le master 2 devient de plus en plus indispensable pour travailler à l’hôpital, surtout en CHU. Donc bien réfléchir à cela avant l’internat, car avoir déjà validé son M1 avant de commencer, ça permet de gagner du temps. Ensuite il est possible de passer une thèse de recherche (ou d’université, c’est pareil), beaucoup plus fournie qu’une « simple » thèse d’exercice.

La thèse d’exercice est indispensable pour être diplômé pharmacien, ce qui n’est pas le cas de la thèse d’université, qui concerne surtout les hospitalo-universitaires (la fameuse double valence).

Après, pour ceux qui ne sont pas intéressés du tout par la recherche, n'allez pas vous engager dans un M2 juste parce que ça fait bien sur le CV. N'oublions pas qu'être sur-spécialisé n'est pas forcément un gage de facilité à trouver du travail ensuite.

Pendant l’internat, on doit valider un certain nombre de stages + des UV (unité de valeur) lors de cours donnés à la fac. Cela permet d’obtenir le DES (diplôme d’études spécialisées) en pharmacie hospitalière. Voir ici sur pharmaetudespour plus d'infos sur les DES de l'internat.

  

A noter : s'il est encore possible pour les officinaux de trouver des postes de pharmacien dans les cliniques (établissements privés) même sans le DES de pharmacie hospitalière, cette situation devrait péricliter rapidement. En effet le DES de pharmacie Hospitalière va devenir qualifiant, c'est à dire q'il sera indispensable pour travailler en tant que pharmacien hospitalier, même dans une clinique. Donc pour les recalés du concours, ne comptez pas sur cette voie.

 

On peut aussi se spécialiser, par le moyen de DU (diplôme universitaire), de master, ou de stages spécialisés. C’est aussi l’occasion de faire des publications scientifiques, qui viendront étoffer votre dossier pour le concours de praticien hospitalier, ou pour votre carrière hospitalo-universitaire.

A la fin de l’internat, l’interne passe sa thèse et est alors diplômé docteur en pharmacie. Il cherche alors un poste d’assistant des hôpitaux, puis il pourra passer le concours de praticien hospitalier pour devenir titulaire de son poste (et gagner plus :P )

 

 La question qui tue : ça gagne combien ??

Salaire à l’embauche :

Assistant spécialiste : 31,5k€ brut par an soit 2100€ environ par mois

Praticien hospitalier : 48k€ brut par an soit 3200€ environ par mois

crédit illustrations : ordre.pharmacien.fr

Rédigé par un-petit-brin-dair

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