Echec à l'internat : rebondir (2/2)

Publié le 26 Mai 2014

Aujourd'hui, je passe la main à Alice, pharmacienne d'officine, qui a accepté de venir nous raconter son cheminement.

 

Comment rebondir après une non réussite à l’internat ?

Cette question me semble tellement inutile maintenant mais il a fallut que j’y réponde par deux fois puisque j’ai doublé la préparation à l’internat. Laura m’a demandé de témoigner sur son blog en tant que doublant et de faire part de mon expérience sur cet évènement qui fait malgré moi fait partie de ce que je suis maintenant.

 

Echouer deux fois de suite amène à une énorme remise en question. Des questions que l’on ressasse à longueur de journée au point d’en avoir mal à la tête. On doute de soi évidemment malgré l’effort qu’on y a mit, le travail qu’on a fourni et tout ce que l’on maitrisait. Pourquoi n’ai-je pas réussi quand d’autres l’ont fait ? Suis-je plus nulle qu’eux ? Pleins de questions qui mettent ou font garder le moral dans les chaussettes ! On trouve ensuite la réponse à certaines interrogations. Au début j’avais l’impression de me fourvoyer, de donner des excuses à mon échec pour le rendre plus crédible, moins humiliant, pour mieux faire passer la pilule. Mais est-ce un tort quand le sentiment d’échec nous paralyse ?

 

L’internat est un concours où il y a plus fort que nous. Si j’avais été la plus forte je m’en serais rendu compte avant quand même ! Donc je partais inconsciemment en connaissant les risques d’échecs encourus. Les classements se jouent à quelques points pour les derniers reçus, à quelques inattentions mais ce ne sont pas de vraies excuses. D’ailleurs il n’y a pas d’excuse à trouver. Il faut plutôt prendre la chose d’une autre manière. Quelle est la proportion de personnes qui choisissent de faire un doctorat en pharmacie ? Combien de ces personnes choisissent de passer l’internat ? Quel pourcentage reste-t-il à la fin de la période de révision ? Combien se présente le jour J du concours ? Moi je l’ai passé deux fois, j’ai appris énormément de choses en le préparant et ça c’est déjà énorme !

 

Je me suis rendue malade de stress et j’ai regretté étant donné le résultat final. Peut-être qu’en étant moins sur les nerfs j’aurai mieux réussi car j’aurai été plus efficace, plus concentrée etc… Mais ça ne sert à rien de tergiverser, le résultat reste le même : j’ai échoué. Je n’ai peux être pas fais tout ce que je pouvais mais j’ai donné ce que je voulais et je n’ai pas de regrets à avoir. Et si ma place n’est pas à l’internat, elle l’est forcément quelque part !

 

Les claques nous n’aimons pas nous en prendre mais elles sont ce qui a de plus formateur. Je pense m’être posé lors de mon échec des questions qui ne me seraient jamais venu à l’esprit si j’avais réussi. Les bonnes questions qui me permettent maintenant de savoir où je veux aller au lieu de suivre les quatre années d’internat avec les obligations qu’elles impliquent. Pas une seule fois je me suis levée le matin pour aller au travail à reculons. Je suis en officine, je rends service à des gens, je les conseille et je me forme régulièrement sur des nouvelles pathologies ou de nouveaux traitements. Je ne fais pas encore tout ce que je voudrais faire professionnellement mais j’ai plus de chance un jour d’être mon propre patron qu’un interne qui a réussi le concours auquel j’ai échoué. Je serai beaucoup plus libre de ma façon d’exercer qu’un praticien hospitalier. Et tout ça je ne l’avais pas vu avant.

 

En prenant du recul je me rends compte que beaucoup de signes présageaient que je ne souhaitais pas vraiment faire l’internat. Au final, c’est le programme, les cas cliniques, les analyses qui composaient le programme de révision qui me plaisaient. Tous ces aspects je les retrouve à l’officine où j’analyse des résultats de laboratoire que des patients ne comprennent pas, où j’appelle un médecin qui prescrit deux médicaments en interaction, où j’explique au patient pourquoi il prend son traitement. Tout ça pour dire que la clé pour rebondir après une non réussite à l’internat c’est de trouver ses envies, ses qualités et la direction que l’on veut prendre. Rien ne s’arrête à un échec. Tout continue dans une autre direction où il n’y a que des obstacles surmontables et pleins de chemins à suivre.

Rédigé par un-petit-brin-dair

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